Jeannette Ricole était une imposante femme, Grande avec une poitrine plus que généreuse, une peau noire foncée et un large sourire qu’elle donnait toujours avec bon cœur ou sinon rien. Elle travaillait au Coconuts café un restaurant que toute la Guadeloupe connaissait sous son ancien nom Le Chaviré. Trente ans qu’elle voyait défiler des touristes, cinq fois qu’elle avait dû apprendre à des nouveaux patrons comment exécuter les cocktails de la carte. Le moment qu’elle préférait c’était entre les deux services parce qu’on la laisser seule maîtresse des lieux. Alors elle arrosait, taillait, bouturait, ses nombreuses plantes qui délimitaient la terrasse, tout en ayant un mot pour chaque passant, potentiel client.
Elle est née chez elle une veille du week-end, un vendredi soir en 1954 à 20h45 juste avant le deuxième service. Sa mère seule à la maison au moment des premières contractions n’avait pas eu le temps d’aller au CHU de Pointe-à-Pitre c’était la voisine qui avait aidé à accoucher puis ensuite aider en gardant les sœurs et les frères aînés de Jeannette pour que leur mère se repose. Elle n’a jamais connu son père.
Un jour alors que Jeannette remontait tranquillement la rue en direction de chez elle, épanouie par son ventre arrondi de futur maman son beau-frère apparu pour aller à sa rencontre, le visage défait comme elle ne l’avait jamais vu. Son mari le futur papa s’en était allé, facteur à vélo il venait de se faire renverser par une voiture sur sa tournée.
Tony Vonira avait de grandes ambitions accepter de sous gérer la nouvelle gérance de son patron allait le faire briller. Il fallait tout changer répétait-il. Jeannette voyait ses souvenirs s'envolé avec le mobilier elle a pris sur elle quand ils ont jeté les jardinières avec les fleurs. Pleurer n’aurait pas été professionnel. Malgré les incompétence de plus en plus accentuées Jeannette continuait de travailler comme si de rien n’était même si six mois durant elle n’avait pas été payé et qu’elle avait reçu un papier de l’office HLM qui voulait l’expulser pour ses dettes de loyers
Les petits enfants de Jeannette sont venus la voir avec leur père Ronan son fils unique Sa vue à elle a baissé. Elle se fie aussi au bruit pour se tourner des bons côtés. Ronan n’est pas très content, on est venu lui raconter qu’encore une fois quelqu’un l’a vu courir toute nue à l’aube. Jeannette pense qu’on complote contre elle. Elle qui s’est sacrifiée pour son fils, il n’est pas tendre et à tout oublié.
À son enterrement il pleut des cordes, ses sœurs des répliques parfaites de Jeannette étaient présentes, son fils et ses tantes aussi. Même des blancs étaient là et certains pleuraient.
On l’avait placé dans ce cercueil, c’était la première fois que je ne la voyais pas debout, sa carrure et sa grosse poitrine tenait dans cette petite boîte.
A ma chère Amie L - P, un petit hommage pour la si grande Dame que tu étais
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l'exercice consistait a faire un biographème (biographie par fragment) en tirant l'histoire de notre vécu ou en l'imaginant.
J'ai choisi de parler de "Jeannette" ne connaissant pas certains détails notamment de son passé j'ai romancé les parties grisées me basant sur des "brides" de réalité.
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l'exercice consistait a faire un biographème (biographie par fragment) en tirant l'histoire de notre vécu ou en l'imaginant.
J'ai choisi de parler de "Jeannette" ne connaissant pas certains détails notamment de son passé j'ai romancé les parties grisées me basant sur des "brides" de réalité.
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