garder en mémoire les absents

   




 
Il y a quelques mois, après un petit midi à manger chez toi , au moment de payer, on t'a             retrouvé, on s'est échangé quelques futilités. 
Tu voulais mettre en vente, ta retraite sonnait, l'appel d'un départ certain en Asie aussi. Tu nous a dit, je suis né en 52. 




    J'ai pensé sur le chemin du retour à mon frère qui avait raison en affirmant que notre père bien à nous né en 51, aurait mieux fait de ne pas prendre sa retraite si vite et tomber dans l'ennui. C'est vrai qu'il aurait pu être comme toi  que j'ai connu, encore actif, la voix chantonnante du vrai cafetier, un mot souvent léger pour chacun, l'assurance d'une bonne adresse. 

    Il aurait pu être comme toi.

    Et puis tu es mort. Hier. 

    Tu n'as pas eu le temps de vendre et et d'aller en Asie pour  profiter de ta retraite.
Il m'est impossible encore d'imaginer ton café dans cette ambiance grave qui doit pourtant désormais dominé. 

    Sans toi, sans ta voix forte du vrai cafetier qui ne sert au verre que du vin en bouteille m'avais-tu fait remarqué, fièrement parce que dans le coin tu devais bien être un des seuls à le faire.


    A toi P.


-------------------------------------------------------------------------
Texte pas tout à fait achevé de mon initiative 
---------------------------------------------------------------------------

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire